Oeuvres


Ni état des lieux, ni série d'expositions historiques. ni déploiement technophile, Staring at you staring at me veut avant tout proposer la déambulation dans un grand paysage. Un paysage varié, parfois accidenté, mais avec souvent des moments doux et calmes. Un paysage électronique et virtuel qui, à l'instar de son homologue perceptif, est une construction de l’œil.

Ainsi, dans cette exposition, ne figurent que des œuvres à voir, des œuvres qui assument et nourrissent leur ancrage dans le champ de l'expérience visuelle.

Certaines nous proposent une expérience rétinienne, parfois contemplative, parfois facétieuse, et même les deux à la fois : ainsi Jean-Claude Ruggirello nous conduisant à travers des paysages kitsch, prélevés sur YouTube, qui se raccordent pour former une expérience unique, sans fin, et dépassant la question du goût ; ou encore Germain Huby, se focalisant sur les expressions de visages de candidates à des concours de beauté trouvées sur des chaînes TV internet, magnifiant à l'extrême l'expression de sentiments à la fois risibles et touchants. D'autres œuvres nous mènent en bateau, en se faisant narration sous nous yeux ; Jérôme Joy nous propose une séance cinématographique contemplative sans fin, alimentée par l'internet-monde ; Jean-Marc Chapoulie nous prend par la main pour visiter un territoire que nous ne connaissons pas mais qui, lui, semble bien nous connaître, à savoir Google. Bien sûr, le médium en lui-même est source infinie de découvertes, il est parfois même le message ; c'est ce qu'explorent chacun à leur façon Jeff Guess et le duo FleuryFontaine, récupérant et rejouant les flux d'information ou les données et codes du jeu en réseau. Pour certains artistes, cet univers fait de multitudes d'images et d'identités, est le lieu d'une poétique de l'accident, version contemporaine de la rencontre machine à coudre avec parapluie sur table de dissection ; Capucine Vever ou Éric Maillet investissent ce champ, elle à la manière d'une exploratrice en terrain inconnu, lui en faux-témoin amusé. Enfin, ces images peuvent être politiques et témoigner de conditions de leur économie et leur environnement artistique ; c'est ce qu'a démontré avec brio Forest en 1974 dans une vidéo historique et prémonitoire, développant en vidéo la tautologie, cette figure de style que le médium électronique porte naturellement en lui.

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